lundi 12 novembre 2018

Rencontres inoubliables: partie 2

Lorsque j'ai mis les pieds pour la première fois dans la classe de madame Carina Sandrini-Cooke, j'étais très impressionnée de voir la panoplie de bacs de livres entassés sur les étagères, dans les bibliothèques et sur les tables. Il y avait des bacs de livres partout!


À mon arrivée, les élèves lisaient à leur table, par groupe de cinq. Il y avait la table des Rouges, la table des Bleus, la table des Jaunes, la table des Verts et la table des Violets. Pour un nombre total de 25 élèves de maternelle, quel défi!

À première vue, cette classe semblait tout à fait typique, de celles-là qu'on retrouve dans les écoles du Québec. Mais ce que je ne savais pas encore c'est que ces élèves de maternelle étaient beaucoup plus avancés en littératie et avaient fait un progrès remarquable en écriture. J'allais le découvrir cette journée-là.

Un petit son de carillon éveilla mon attention et c'est ainsi que Madame Carina invita ses élèves à venir la rejoindre au tapis. C'était le temps de la lecture de mots-clés. Elle était installée sur sa grande chaise en osier et elle avait une série de petits cartons blancs sur ses genoux. Des mots étaient inscrits sur ces petits cartons.

C'est à ce moment que je me suis installée dans un coin, et que je me suis mise à prendre des notes...

-Moi, M-O-I, moi!
-Je, J-E, je!
-La, L-A, la!
-Un, U-N, un!
-Papa, P-A-P-A, papa!
-Le, L-E, le!
-Voici, V-O-I-C-I, voici!

Après avoir fait cet exercice, elle leur présenta une carte et leur demanda:
-Quel est ce mot?
Puis elle procéda de la même façon pour les autres mots sur les cartons. C'est alors qu'elle fit le dessin d'elle et de ses amis sur son tableau blanc puis, ajouta les étiquettes "moi" et "amis", et elle leur dit:
-Je veux dire le mot "Regarde", "look" mes amis.
Elle leur demanda alors:
-Quelles sont les lettres qui font le mot "regarde"?
Elle étira le mot:
-RRRRRREEEEEGGGGGAAAAAARRRRRDDDDDEEE!


Je l'entendis faire le son de chacune des lettres du mot à voix haute et elle écrivit chacune des lettres en les nommant. Puis elle épela le mot:
-R-E-G-A-R-D-E
Ensuite elle leur demanda de taper les lettres du mot, sur les parties de leur corps: leurs cuisses, leurs mains etc. Les élèves semblaient avoir beaucoup de plaisir. Après cela, elle leur demanda de sauter à pieds joints pour épeler chacune des lettres:
-R-E-G-A-R-D-E.
Elle invita les élèves à tourner sur eux-mêmes en épelant encore les lettres du mot et elle termina son activité kinesthésique en chantant les lettres du mot:
R-E-G-A-R-D-E.
Par la suite, elle invita un élève à venir écrire le mot. Après cette activité plutôt ludique, ce fut le temps de donner les consignes aux élèves pour compléter la feuille sur ce mot du jour. Cette feuille d'activité a été créé par Michelle Dupuis, et le produit est vendu sur le site de "Teachers pay teachers" et "Mieux enseigner".  Michelle Dupuis a créé 4 séries de listes de mots fréquents. Cliquez sur l'image pour accéder au lien:
Une fois le travail expliqué, je me suis mise à observer chacun des élèves qui s'affairaient à la tâche. Certains élèves traçaient les lettres du mot "Regarde", d'autres encerclaient le mot "Regarde", d'autres découpaient et collaient les lettres du mot. Pendant cette période qui dura environ une quinzaine de minutes, j'entendis Madame Carina chanter: "R-E-G-A-R-D-E!". Ce fut très agréable!


À la fin de cette activité d'écriture sur le mot du jour, je savais que c'était ce qu'il fallait faire pour aider nos élèves anglophones à mieux lire et écrire. J'avais la tête pleine de questions:
1-"Comment mettre en place ce style d'activité dans sa classe afin de soutenir les ateliers d'écriture?"
2-"Quel matériel pédagogique pouvait permettre ce travail?"
3-"Comment faire le choix des mots à travailler?"

J'ai posé ces questions à Madame Carina, et elle fait un atelier d'enseignement explicite sur un mot-clé ou deux, par semaine. Elle choisit les mots à travailler en réfléchissant aux textes que les élèves écriront dans les ateliers d'écriture. Cette fois-ci, les élèves faisaient le module "Show and tell". Ce module des ateliers d'écriture propose aux élèves d'apporter des objets de la maison, de les présenter et de les décrire. Ils avaient appris les mots "voici" et "j'aime" et elle trouvait pertinent de travailler le mot "regarde" afin qu'ils puissent l'utiliser dans leurs textes.

En classe, j'ai vu qu'elle avait affiché les mots sur son mur de mots. Ils étaient placés par ordre alphabétique. Dans la pochette d'écriture de l'élève, on retrouvait la liste des mots (le, la, ami, moi, voici etc.) , l'alphabet et une feuille de sons avec les gestes de Borel Maisonny. Je me disais qu'on pourrait également placés les mots dans un anneau afin que l'élève puisse s'en servir facilement pour écrire.

 

J'ai aussi remarqué qu'elle avait une affiche de mots pop corn. Les élèves l'utilisaient lors des ateliers d'écriture.


Voici une ressource semblable que j'ai trouvé sur le site "Mieux enseigner" qui a été créé par Laura sous la pluie. Elle propose 4 ateliers à réaliser en classe, pour travailler les mots fréquents avec vos élèves. C'est une excellente ressource selon moi.


Je dois vous dire que ma rencontre avec Madame Carina Sandrini-Cooke m'a éblouie! C'est une enseignante exceptionnelle et j'ai la tête remplie d'idées nouvelles que je vais mettre en place dans ma classe très prochainement. Depuis mon retour, j'ai réfléchi et j'ai fait quelques recherches. 

Nous savons tous que l'apprentissage de mots fréquents permettra aux élèves d'améliorer leur écriture, mais aussi la lecture! Malheureusement, je pense que nous n'accordons pas assez de temps à l'étude de ces mots en classe. MOI la première!! 

Je n'aurais jamais pensé que des élèves de maternelle puisse connaître autant de choses. C'est ce qui m'a fait réfléchir sur mes pratiques. J'ai vraiment constaté que lorsque nous travaillons les mots fréquents et ce, de façon explicite, les élèves doivent s'arrêter puis observer attentivement les mots et ils les mémorisent! Même dès l'âge de 5 ans! Si nous enseignons de cette façon, nos élèves anglophones auront l'occasion de réfléchir davantage sur l'orthographe des mots. Il faut aussi planifier différentes interventions pour que ces mots soient enseignés et appris, puis affichés et accessibles en classe afin que les élèves puissent s'en servir dans toutes les situations d'écriture et de lecture.

Plusieurs activités peuvent être réalisées avec les mots, comme par exemple, les imprimer et les plastifier et les coller au plancher pour que les élèves sautent sur chacun des mots lus le plus rapidement possible. On peut placer tous les mots appris sur les tables et au signal, demander de trouver un mot. En même temps, ils développeront leur capacité à les reconnaître rapidement et ainsi, deviendront de meilleurs lecteurs. Après tout, les mots fréquents sont les mots qu'on retrouve le plus souvent dans les textes lus, non?

Si cela vous intéresse, il existe une liste de mots fréquents de Jocelyne Giasson, dans son livre "La lecture: de la théorie à la pratique" et la liste de mots fréquents de monsieur Yves Nadon se retrouve dans son livre: "Lire et écrire en première année et pour le reste de sa vie".  Prof Passion a créé une liste de mots à travailler par semaine, à partir des mots de Giasson et Nadon.

Pour le reste, je vous informe que mon prochain billet portera sur la présentation d'un atelier d'écriture par cette enseignante tout à fait remarquable!

Merci Madame Carina Sandrini-Cooke de m'avoir accueillie dans votre classe!

P.S Carina Sandrine-Cooke a commencé sa carrière d’enseignante dans des programmes préscolaires bilingues en 2009. C’est ici qu’elle a développé une passion pour l’éducation bilingue et une meilleure compréhension du développement langagier et de l’alphabétisation. Elle rentre dans sa 4ème année en tant qu’enseignante de maternelle dans un programme bilingue franco-américain à New York. Son programme accueille des élèves dont la moitié sont des apprenants en langue française. Carina utilise le programme de littératie du Teacher’s College Reading and Writing Project avec des adaptations, des traductions et des modifications linguistiques. Elle s’intéresse et se consacre à motiver les élèves à apprendre à parler, à lire et à écrire en français en utilisant des techniques d’apprentissage interactives. (source: blogue "Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire")













dimanche 11 novembre 2018

Rencontres inoubliables

C'est le lundi 29 octobre dernier, que je marchais sur la rue Amsterdam à New York, en direction de l'école Lillian Weber! Dans ma tête se bousculaient mille et une questions. Mon coeur battait aussi fort que mes talons sur le trottoir. J'allais rencontrer des expertes en ateliers d'écriture: mesdames Céline Beloeil et Carina Sandrini-Cooke. Quelle chance!


À mon arrivée dans la classe de Céline Beloeil, les élèves étaient en petits groupe et s'affairaient à résoudre des problèmes mathématique! Ça bouillonnait d'interactions et je me sentais déjà bien! Des tableaux d'ancrage de toute sorte décoraient les murs de la classe, et représentaient pour moi, l'indice d'un enseignement de qualité.

Ce matin-là, j'ai pu observer madame Céline Beloeil en pleine action, avec ses 25 élèves de 4e année. Dès mon arrivée, j'ai été charmée par le petit accent français de cette enseignante, qui faisait la lecture de "Toi, vole". C'est donc par un atelier de lecture que j'ai pu plonger tête première dans un enseignement explicite. Voici mes observations...

Madame Beloeil fait tinter doucement son petit carillon pour rassembler ses élèves au tapis. Elle présente alors l'album et débute la lecture. Après seulement quelques pages lues, elle pose la question:
-Pourquoi à votre avis, il ne faut surtout pas se faire prendre?
Elle leur demande de discuter deux par deux, avec leur partenaire. Après une quinzaine de secondes, elle fait tinter sa petite cloche, puis elle repose la question à un élève. Puis une autre question:
-Quelles sont leurs stratégies pour ne se faire remarquer?
Les élèves répondent que les personnages ont un sac de voyage, qu'ils sont habillés normalement et qu'ils se promènent aux différents endroits dans l'aéroport. Puis elle poursuit la lecture et demande:
-Si vous deviez décrire les personnalités du papa et du petit garçon, comment les décririez-vous? Utilisez les fiches sur le mur. J'observe les élèves qui se regroupent avec leur partenaire et qui discutent en regardant les affiches sur le mur.

Alex déclare:
-Le petit garçon ne perd pas espoir.
L'enseignante revient aux affiches afin de l'aider à mieux définir les caractéristiques du personnage. L'élève répond que le garçon est plutôt optimiste, tenace et courageux. Elle demande ensuite aux élèves:
-Comment peut-on prouver qu'ils sont courageux? Quel détail vous le dit dans le texte?
Un élève répond:
-Ils sont malins parce qu'ils vivent à l'aéroport plutôt que dans la rue et ils utilisent différentes stratégies pour ne pas se faire remarquer. Un autre élève reprend le passage de l'oiseau qui essaie de s'envoler et il dit:
-He wants to go, he stuck in the airport.
Madame reprend:
-C'est l'espoir pour lui aussi, de s'envoler un jour, c'est un symbole.
Madame Beloeil termine la lecture et leur demande de décrire la personnalité du petit garçon avec trois adjectifs en donnant des exemples pour chacune des qualités.

C'est un peu plus tard, dans un atelier de mathématique que  j'entends cette enseignante remarquable dire: "ce n'est pas la réponse qui compte, c'est le processus".  Je trouve que cette phrase reflète bien son enseignement. Elle a une vision globale des compétences à développer et c'est là-dessus qu'elle travaille.

Le mercredi suivant, jour d'Halloween, j'ai eu la chance de lire quelques textes des élèves de 4e année et j'ai été très impressionnée par leur contenu. Flore écrivait une histoire sur un personnage nommé Eva qui allait faire un spectacle de sirène et la description détaillée des émotions du personnage me fit frémir. C'était un texte de toute beauté. J'ai beaucoup aimé celui de Nicolas qui racontait son histoire au "je" en débutant par une introduction dramatique: "J'étais très petit sur la grande montagne blanche. J'étais comme une fourmi dans une grande maison. J'avais froid, même dans mon grand manteau de ski."

J'attends avec impatience leur publication afin de les partager à mes élèves. Je salue le beau travail de ces auteurs!

C'est vraiment en lisant les textes des élèves que je me suis rendue compte du long chemin que nous devons parcourir afin de vivre pleinement les ateliers d'écriture, mes collègues et moi. Mais le processus pour y parvenir me semble tellement stimulant. En ayant été témoin de cela, j'ai pu aussi constater le lien de cohérence qui unit les ateliers d'écriture aux ateliers de lecture. Ce que les élèves font en tant qu'auteurs, ils le vivent aussi en tant que lecteurs.  C'est l'arrimage parfait qui profitera à nos élèves de milieu anglophone. J'ai maintenant une vision plus globale de cette nouvelle approche de la littératie. Voir une enseignante efficace au travail, c'est la meilleure formation du monde et je ne serai jamais assez reconnaissante! Merci Céline!
P.S Céline Beloeil a commencé à enseigner à Paris. Pendant cinq ans, elle y enseigne dans différents niveaux de la maternelle et de l’élémentaire, dans des écoles accueillant beaucoup d’enfants immigrés. En 2008, elle déménage à New York et contribue à l’ouverture du programme bilingue franco-américain de PS84, une école publique de Manhattan. Elle y enseigne en 1ère année en anglais et en français et adapte les modules d’enseignement de lecture et d’écriture du Teachers’ College Reading and Writing Project aux besoins de ses élèves ainsi qu’aux ressources disponibles dans l’école. Céline enseigne actuellement en 4ème année et se consacre à la formation des enseignants : coaching individuel et organisation de développements professionnels." (source: blogue: Les ateliers d'écriture et de lecture au primaire)

dimanche 30 septembre 2018

L'album "Les mûres" d'Olivier de Solminihac


"Je tends la main et j'en attrape une en douce. Je la fais fondre sous la langue, pour en garder, amer et sucré, le goût dans la bouche. Longtemps. Longtemps. Longtemps."

Eh bien moi, j'ai savouré cet album comme une mûre bien fraîche. Je l'ai laissé se fondre dans mes pensées et j'ai gardé ce savoureux moment de lecture dans mon esprit et dans mon coeur. Longtemps. Longtemps. Longtemps.

L'album "Les mûres" est en fait un album incontournable pour vivre un petit moment de bonheur. Celui de Jim, Macéo et Marguerite qui s'en vont cueillir des mûres.

L'auteur, Olivier de Solminihac, réussit par le choix de ses mots et de ses descriptions détaillées, à susciter les images de ces lieux presque réels. Ceux-ci sont souvent décrits par des longues phrases. ( Il y en a une qui contient 37 mots!) On sent les branches d'épines et l'écorce du chêne qui nous écorchent la peau.Tout au long du récit, nous vivons le moment comme si nous y étions aussi. Nous suivons les personnages à travers les barbelés, nous nous accroupissons dans le pré et nous savourons la mûre bien fraîche. Un délice!

La magie s'opère d'autant plus grâce aux illustrations exceptionnelles de Stéphane Poulin. Les couleurs rouge, ocre et vert nous plongent dans la nature et nous rappelle la fin de l'été qui approche. Les perspectives proposées ajoutent une dimension réaliste à l'image, comme si nous avions capturé le moment présent. Particulièrement le plan en plongée, lorsque les personnages cueillent les fruits de l'arbre. Dès les premières pages on se laisse envahir par la beauté des images. Des vrais tableaux enchanteurs. Olivier de Solminihac et Stéphane Poulin font vraiment un mariage parfait!

Ce livre est tout désigné pour aborder le thème des petits moments dans les ateliers d'écriture au 2e cycle du primaire. C'est un texte parfait pour expliquer aux enfants qu'une simple idée peut se transformer en une histoire fabuleuse!

À découvrir!

P.S On attend avec impatience la sortie du nouvel album pour le 6 novembre: La rivière





dimanche 9 septembre 2018

Les ateliers d'écriture: On se lance?

Oui! Oui!! On se lance! On plonge dans l'aventure!

Moi, j'aime les défis et je trouve que mettre les ateliers d'écriture en place dans ma classe, c'est tout un défi! J'ai le goût de le relever! Mais, mon plus beau défi sera d'accompagner mes collègues dans la mise en place de ces ateliers!

Eh oui! Je suis très heureuse d'annoncer que les ateliers d'écriture seront expérimentés à notre école cette année. J'ai également été libérée pour accompagner les enseignantes. (ce ne sont que des femmes!) Nous avons une équipe du tonnerre qui a participé au colloque de Mots et de Craie au mois de mai dernier; elles sont en feu! Je pourrai aussi partager notre expérience sur ce blogue afin d'aider d'autres enseignants à faire de même.

Je crois qu'il faut implanter les ateliers d'écriture de la maternelle à 6e année si on veut voir un réel changement dans la performance de nos élèves en écriture. Puisque c'est une approche à long terme, elle permet aux élèves de développer leur compétence et je suis certaine que nous pourrons voir un changement dans la progression de leurs apprentissages et peut-être plus tôt que prévu. En plus, nos élèves poursuivent au secondaire dans la même école et une enseignante est déjà dans le bateau avec nous...qui dit mieux!

L'approche des ateliers d'écriture propose l'enseignement explicite et s'appuie sur la recherche qui a aussi été validée dans les écoles aux États-Unis. Non seulement elle permet aux élèves de progresser en écriture, mais elle augmente leur motivation à écrire en leur permettant d'écrire tous les jours, des textes tirés de leur expérience de vie. Ce qui  m'anime encore plus c'est que les élèves sont initiés à l'écriture par l'entremise d'oeuvres littéraires. En effet, c'est en lisant des albums de qualité que les élèves découvrent les procédés littéraires des auteurs. Cela leur permet de développer leur sens critique face à la littérature et de s'en inspirer pour écrire, afin de devenir eux-aussi, de véritables auteurs!

Afin de bien mettre en place ces ateliers, j'ai pensé les planifier sur une plus longue période. Nous savons que la majorité des enseignants expérimentés font un module durant 6 semaines environ. Pour notre première année d'implantation, j'ai pensé faire vivre 3 ateliers par semaine, ce qui prolonge d'un mois le module. Nous débutons la semaine du 17 septembre et je prévois terminer avec mon équipe, pour célébrer les auteurs, vers le 20 novembre.

Comme avec les élèves de nos classes, il faut respecter le rythme d'apprentissage de chacun. Je crois que certaines enseignantes se sentent plus à l'aise que d'autres et ont déjà commencé. D'autres par contre, n'ont jamais entendu parler des ateliers d'écriture. Je serai là pour soutenir et sûrement me poser les mêmes questions qu'elles...après tout, je ne suis pas une experte! Mais je dois dire que j'ai la passion!

La passion de l'enseignement, la passion de l'écriture et la passion de la littérature! Alors que faut-il de plus pour se lancer dans les ateliers d'écriture sinon de croire en soi?

samedi 28 avril 2018

Les personnages historiques de la Nouvelle-France

Imaginez que vous êtes une jeune fille âgée de 14 ans, qui vit en Nouvelle-France. Aujourd'hui vos parents ont quitté le village et vous vous retrouvez seule devant une quarantaine d'Iroquois... Que faites-vous?
C'est ce qui est arrivé à Madeleine de Verchères, en 1692.

Comme bien d'autres de son époque, elle a dû faire preuve de courage devant les menaces iroquoises et affronter plusieurs obstacles pendant la colonisation de la Nouvelle-France. Non seulement, il fallait être bien armé, mais il fallait aussi travailler dur pour défricher la terre, construire une maison et faire face aux rudesses de l'hiver québécois.

C'est en faisant une recherche sur un personnage historique, que mes élèves de 4e année ont découvert  mille et une informations intéressantes. C'est pourquoi je leur ai proposé d'écrire un texte informatif sur leur personnage, à la manière d'un "Savais-tu que?" de l'auteur Alain M. Bergeron. De plus, mes jeunes auront à jouer le rôle de leur personnage. Bientôt, ils devront se présenter à la cour du roi Louis XIV, en tant que Jeanne Mance, Marguerite Bourgeois, Marie de l'Incarnation et bien d'autres.

Depuis plusieurs années, je réalise l'activité de présentations des personnages historiques, c'est pourquoi j'ai fait l'achat de quelques costumes afin que mes élèves puissent se déguiser. Il suffit de quelques accessoires comme un chapeau pour le coureur des bois ou un tricorne pour jouer le rôle d'un intendant, d'un gouverneur ou bien d'un soldat. J'ai aussi fait l'achat d'un costume de religieuse.
Quant à moi, j'adore l'art dramatique et je jouerai le roi de France. J'ai une perruque blanche, une couronne, une chemise à grandes manches et j'ajoute des boucles à mes souliers!


Il va sans dire que j'avais en main, depuis plusieurs années, l'adresse d'un site internet pertinent de la Commission scolaire des Affluents, intitulé "Qui, au début de la Nouvelle-France a inscrit une page dans notre histoire?". En effet, ce site contient des textes informatifs sur plus de 30 personnages marquants de la Nouvelle-France. Cette situation d'apprentissage a été réalisée en 2006-2007, par mesdames Suzanne Dion, Anne Daoust et Johanne Thomas. Dans ce même site, vous avez une section "Notes à l'enseignant" qui présente une activité préparatoire très intéressante, sur le célèbre coureur des bois, Étienne Brûlé. De plus, plusieurs activités sont proposées dont la réalisation d'une ligne du temps et un jeu-quiz: "Qui dit vrai?", mais aussi, une présentation orale du personnage.

Voici les étapes de réalisation de notre projet:

1- Présentation du projet aux élèves et choix d'un personnage historique, à l'aide du document que j'ai créé. Si cela vous intéresse, vous n'avez qu'à cliquer sur l'image pour l'obtenir.

2- Travail de recherche en classe, lecture de leur document pendant plusieurs périodes en univers social ou autre. Prise de notes dans le document suivant:

3-Organisation chronologique des informations et rédaction à l'ordinateur à l'aide du logiciel Word pour la création d'un livre informatif sur leur personnage.
4-Correction des textes par l'enseignante et mise en forme du texte.
5-Impression des textes et illustrations par les élèves.
6-Ajout d'une page couverture créé avec le titre "Connais-tu?".

Voici des exemples de nos "Connais-tu?"



Par la suite, les élèves devaient pratiquer leur fluidité afin que je puisse enregistrer leur travail dans Seesaw, pour le partager aux parents. Nous avons aussi affiché les photos imprimées, en ajoutant les codes QR afin que les gens puissent entendre leur présentation. Comme cela n'a pas fait l'effet escompté, j'ai décidé d'utiliser une autre application Ipad...

Connaissez-vous PhotoSpeak? Sinon, cliquez sur le lien.

C'est donc avec l'application PhotoSpeak que nos personnages historiques se sont animés! Les élèves avaient appris leur texte presque par coeur, d'autres ont lu... Il faudra prévoir un temps avec les élèves afin qu'ils trouvent une photo de leur personnage, avec les références, bien sûr. S'ils n'en trouvent pas, ils peuvent faire le portrait aux crayons, puis prendre une photo de leur dessin.  Si on veut partager les vidéos, il est préférable de sauvegarder en format vidéo, sur votre pellicule vidéo. Finalement, il est aussi possible d'ajouter un titre, d'insérer le nom de l'auteur et de faire montage à l'aide de l'application Imovie, que plusieurs connaissent. Le résultat est génial!

Voici des exemples:

Gilles Hocquart


Louis de Buade de Frontenac


Jean Talon


Marguerite Bourgeois



N'hésitez pas à communiquer avec moi si vous avez des questions, ça me fera plaisir de vous aider.
Si vous voulez voir toutes nos présentations, elles seront sur Youtube prochainement...

À bientôt!

Les illustrations proviennent de: https://www.whimsyclips.com/


Une application Ipad géniale: PhotoSpeak: 3D Talking Photo

Plusieurs personnes connaissent déjà l'application ChatterPix Kids qui permet d'animer des objets, à partir d'une photo de l'objet. Mais, connaissez-vous PhotoSpeak 3D Talking Photo? Eh bien, son nom le dit, c'est une application Ipad qui permet d'animer une photo.


Comme je viens de terminer un projet sur les personnages historiques en univers social, je voulais partager le travail aux parents dans Seesaw. Malheureusement, les durées d'enregistrements vidéos sont limitées. Il fallait donc que je trouve une autre solution pour faire connaître nos travaux, et ce, de manière originale.

Comme je le disais, PhotoSpeak 3D Talking Photo est une application Ipad qui ressemble beaucoup à Chatter Pix Kids puisqu'elle permet d'animer une photo. Elle s'adresse à des élèves plus vieux que les utilisateurs de ChatterPix. C'est une application gratuite! PhotoSpeak est une application très simple qui est disponible sous tous les systèmes d’exploitation (Windows, Ipad et Android). On peut donc télécharger le logiciel directement sur notre PC, en allant à l'adresse suivante:

https://photospeak-3d-talking-photo.soft112.com/

Vous pouvez prendre la photo de quelqu'un ou de vous-même. Pour notre projet, c'est la photo du personnage historique. Si vos élèves ne trouvent pas de photo de leur personnage, ils peuvent faire un portrait aux crayons, puis prendre une photo de leur dessin. On peut également mettre de la couleur sur notre photo noir et blanc, en utilisant l'application PhotoSplash.

Directives:

Il faut télécharger l'application sur votre appareil IOS. Sur l'interface principale, on retrouve 4 boutons faciles d'utilisation, au bas de l'écran.

Tout d'abord, on clique sur l'icône personnage afin d'insérer notre photo. On peut prendre directement une photo en cliquant sur l'icône caméra ou bien on peut choisir une photo à partir de la pellicule de notre caméra (camera roll). Une fois notre photo choisie, on clique sur l'icône personnage puis on choisi l'icône des effets spéciaux. C'est là qu'on fait un cadrage de la bouche et des yeux du personnage. Pour ce faire, il faut cliquer sur un point vert à la fois et glisser doucement le doigt à l'endroit désiré. Une fois la bouche terminée, il faut cliquer sur les ovales situés sur les yeux et les glisser aux endroits désirés. Ensuite il suffit de cliquez sur le crochet lorsque vous avez terminé.

Au bas de l'écran à gauche,  il y a un icône de roue d'engrenage pour les paramètres de la voix et du mouvement de la bouche. Lorsqu'on est prêt à s'enregistrer, on clique sur l'icône caméra, puis sur le bouton rouge. Lorsqu'on a terminé notre message vocal, on appuie sur le carré. Le petit icône rectangulaire, à droite de l'écran nous permet d'exporter notre travail. On peut copier la vidéo dans Seesaw, mais Seesaw ne pourra pas faire jouer toute la vidéo. Si on veut partager les vidéos,  il est préférable de sauvegarder sur la pellicule vidéo pour ensuite l'exporter. Sachez qu'il est aussi possible d'ajouter un titre, d'insérer le nom de l'auteur et de faire montage à l'aide de l'application Imovie, que plusieurs connaissent.


Voici un exemple réalisé par Gracie Letto, avec le personnage de Marguerite Bourgeois:


Si vous voulez avoir une idée d'intégration de cette technologie dans un projet pédagogique, allez consulter ma page sur les personnages de la Nouvelle-France.

Je trouve que PhotoSpeak 3D Talking Photo est une application intéressante pour les enseignants. Il pourrait être amusant de prendre un personnage connu des élèves, comme Garfield, Superman ou autre, et de donner les consignes d'un travail. Par exemple, l'enseignant pourrait utiliser la photo d'Astérix et présenter les consignes pour faire créer une bande dessinée.

L'enseignant pourrait demander aux élèves d'apprendre un poème par coeur et de le faire réciter par l'auteur lui-même: Rimbaud, Verlaine, Nelligan... ou bien faire lire l'extrait d'une oeuvre littéraire par l'auteur, tout simplement. 

Il suffit de laisser aller votre imagination! Amusez-vous bien!




samedi 13 janvier 2018

La zone lecture: mon expérience

Aujourd'hui, je vous propose une oeuvre qui redonne le goût d'enseigner à lire: "La zone lecture" aux Éditions d'eux.

En effet, au cours de la lecture de cet ouvrage, j'ai pu prendre le temps de réfléchir à mes bons coups et remettre en question quelques-unes de mes pratiques en enseignement de la lecture. Enfin quelque chose de concret et réalisable!

Tout d'abord, je trouve vraiment dommage que les enseignants du primaire n'aient pas une formation adéquate sur la littérature jeunesse. Lorsque j'étais à l'Université, je n'ai pas eu cette chance de bien connaître les processus en jeu dans la littérature et ainsi faire de meilleurs choix quant à mes pratiques d'enseignement. Heureusement que mon amour pour les livres y était.  Il est clair qu'une formation adéquate m'aurait permis d'avoir un esprit plus critique quant à mon choix d'albums de classe et j'aurais pu travailler davantage d'autres aspects de la lecture, telle que l'analyse de la relation texte/image dans les albums.

La lecture de cet ouvrage m'a fait du bien. Je suis une enseignante passionnée de livres et j'ai déjà mis en place plusieurs éléments proposés par les auteures Nancie Atwell et Anne Atwell Merkel. Je me rends compte que malgré ma formation déficiente sur la littérature jeunesse, ma passion m'a fait cheminer vers cet "art personnel".


"Entretenir cet amour, c'est là la mission universelle des enseignants de lecture. Aussi agréable cela peut-il être, il n'en demeure pas moins que c'est une chose essentielle à faire pour que nos élèves deviennent les lecteurs compétents, passionnés et critiques dont nous rêvons." (La zone lecture p. 28)

Lorsqu'on est passionnée des livres, on partage beaucoup ce que l'on aime. On partage des livres qui ont gagné des prix, des mots riches qui nous touchent, des illustrations magnifiques, des histoires qui nous transportent, des procédés littéraires intéressants, ou bien des auteurs qui nous marquent.

Selon Nancie Atwell, il y a 3 types de savoirs que l'enseignant devrait posséder pour entrer dans "La zone lecture":
1-Une expérience en tant que lecteur (nos rencontres avec les livres, nos lectures...)
2-La connaissance des besoins et des goûts des lecteurs
3-La connaissance de nos élèves (préférences, forces et défis de chaque lecteur)

Cette année, je sais que mes garçons ont adoré lire les bandes dessinées et que la série Capitaine Static a été un coup de coeur pour eux. Je sais que Jade a aimé lire Billy Stuart, que Naomie a adoré Savannah de Sylvie Payette et que Carlie aime tout ce qui concerne les chevaux, mais les autres?

Dans l'ouvrage "La zone lecture", on propose aux enseignants de passer un sondage. Avec cet outil, il est facile de dresser un meilleur portrait des lecteurs de sa classe. Ce que j'ai fait. Voici mes découvertes:

La majorité des élèves de ma classe ont lu une trentaine de livres depuis la rentrée scolaire! WOW! Celle qui ne lit pas beaucoup a lu 9 livres. Celui qui ne lit pas beaucoup en a lu 12. Quelques élèves anglophones ont lu quand même 22 livres! Tout cela depuis seulement 4 mois! Pourquoi? Comment expliquer cela?

Je pense que ma bibliothèque de classe est bien garnie et que les albums d'Halloween et de Noël ont été très populaires. J'ai feuilleté leurs bilans de lecture et je remarque que ceux qui ont plus de difficulté en lecture ont choisi les albums illustrés de Scholastic (qui contiennent plus d'illustrations) ou bien la série de Scooby-Doo. Plusieurs ont lu les livres proposés par les autres, par exemple celui de "Terreur au camp d'hiver", proposé par Tessa.

Selon les auteures, il faut laisser la liberté de choisir ses propres lectures, c'est un droit qu'a le lecteur. C'est là que je me distancie de "La zone lecture". Moi, je considère que si je ne présente pas certaines oeuvres de qualité à mes élèves, ils passeront à côté et ils ne seront pas sensibilisés à plusieurs genres littéraires. Par ailleurs, le sondage indique que leurs auteurs préférés sont: Alain M.Bergeron , Robert Munsch, Élaine Turgeon, Roald Dahl et Goscinny; toutes des oeuvres imposées, sauf Roald Dahl où je leur ai fait la lecture sous forme d'un feuilleton. Il faut quand même mentionner qu'ils ont eu des choix à faire parmi les oeuvres d'Alain M.Bergeron, de Robert Munsch et les bandes dessinées proposées.  Parmi leurs meilleurs livres, plusieurs ont inscrit "Maître des dragons" de Tracy West, qu'ils avaient lu l'an dernier.

Je ne possède pas de matériel didactique en français et j'achète des livres en plusieurs exemplaires. Ce sont des lectures obligatoires. Ils ont donc 2 romans à lire par mois. Nous pouvons travailler ensemble, en grand groupe, différents aspects de la lecture, comme la fluidité, la compréhension ou l'interprétation. Souvent les élèves discutent de leurs lectures, ils apprécient l'oeuvre et partagent leurs critiques en s'appuyant sur différents éléments: l'intrigue, le personnage, le lieu, le choix des mots, le genre etc. En plus, avec les ateliers d'écriture, cela devient beaucoup plus facile d'analyser les procédés littéraires de l'auteur lorsque tous les élèves ont lu l'oeuvre en question. Voilà pourquoi ils ont ajouté tous ces livres dans leur bilan de lecture.

Ma conclusion:
MES ÉLÈVES ONT DES DIFFICULTÉS EN LECTURE MAIS ILS SONT D'EXCELLENTS LECTEURS!

En effet, ils ne comprennent pas tout ce qu'ils lisent mais ils savent beaucoup de choses sur l'univers du livre et cela aussi c'est important!

  • Ils savent comment choisir un livre et ce qu'est la quatrième de couverture, 
  • Ils connaissent plusieurs auteurs et plusieurs genres littéraires
  • Ils apprennent à mieux se connaître comme lecteurs et à découvrir ce qu'ils aiment lire
J'ai un présentoir de livres dans ma classe mais c'est moi qui ai choisi les titres qui sont exposés. Selon Nancie Atwell, ce sont les élèves qui devraient exposer leurs coups de coeur! La semaine dernière, je leur ai donc demandé: "Si tu avais à choisir un livre coup de coeur, lequel choisirais-tu?" 


Les voici:

Comme vous le voyez, la série Capitaine Static a fait fureur! Je ne croyais pas que Mylie aimait "Les malheurs de Sophie" à ce point-là! "Sacrées sorcières" est un MUST, il faut croire! Robert Munsch est un auteur incontournable et Astérix reste un classique! J'ai bien hâte de voir leurs choix lorsque nous débuterons notre projet sur les récits fantastiques!

Cet ouvrage m'a permis de revoir mes priorités en enseignement de la lecture afin de mieux guider mes prochaines intentions pédagogiques. Plusieurs autres interventions devront être mises en place dans ma classe afin d'être davantage dans "La zone lecture". Entres autres, instaurer l'utilisation d'un carnet de lecture afin de faire écrire un journal de lecture ou de faire définir les critères de sélection des livres chez les élèves. Faire des entretiens de lecture, ou encore, faire réagir aux lectures par des lettres-dissertations. Je vous en ferai part dans un prochain billet. Pour l'instant, je sens que je suis sur la bonne voie.

Quoi de neuf?

Rencontres inoubliables: partie 2